2 août 2027 : une partielle à 88 %
La bande de totalité traverse l’Andalousie —Cadix, Malaga, Almería— et l’Afrique du Nord ; depuis la Communauté valencienne, elle sera donc partielle, pas totale. Mais une belle partielle : d’après l’IGN, environ 88 % du Soleil couvert dans la province de Castellón, 90 % à Valence et près de 95 % à Alicante.
Une morsure pareille se remarque sans même lever les yeux : la lumière devient métallique et la température baisse. Ce qui ne change pas, c’est la règle de sécurité — sans totalité, les lunettes certifiées ne s’enlèvent jamais.
Les horaires par commune sont publiés sur le portail des éclipses de l’IGN.
26 janvier 2028 : l’anneau de feu, ici même
C’est la bonne pour cette côte. La bande d’annularité traverse la Péninsule du sud-ouest au nord-est et entre en Communauté valencienne : d’ici, on verra l’anneau de feu, le Soleil transformé en cercle de lumière autour de la Lune, alors trop lointaine pour le couvrir entièrement.
Tomber en janvier offre deux vrais avantages : beaucoup moins de monde qu’en plein août et une lumière d’hiver qui, avec la mer à côté, ne ressemble à rien d’autre. Un inconvénient aussi : le ciel de janvier est capricieux, prévoyez un plan B pour le lieu.
Important : une éclipse annulaire n’a jamais de phase de totalité. Aussi fin que paraisse l’anneau, c’est du Soleil direct : les lunettes certifiées ISO 12312-2 restent en place tout le temps, y compris pendant l’anneau.
Ce qui s’est passé le 12 août 2026
La bande de totalité —environ 290 km de large— a traversé l’Espagne du nord-ouest au sud-est, et Alcossebre (Alcalà de Xivert) se trouvait très près de la ligne centrale. La totalité y a donc duré plus longtemps que dans la plupart des points du pays : environ une minute et demie de nuit soudaine. D’où l’engouement pour Castellón, et pour cette côte en particulier.
C’était une éclipse au coucher du soleil : la phase partielle a commencé plus d’une heure avant et la totalité est arrivée vers 20h31–20h33 (heure péninsulaire), avec le Soleil très bas sur l’horizon ouest, à quelques degrés à peine. Son charme et sa difficulté. Données officielles à l’IGN.
Comment les observer en sécurité
Pendant les phases partielles, ne regardez jamais le Soleil sans protection : des lunettes d’éclipse certifiées (ISO 12312-2) —les lunettes de soleil ordinaires ne suffisent pas, si sombres soient-elles—. Téléphone, jumelles et appareil photo exigent leur propre filtre solaire devant l’objectif.
La seule exception est la totalité d’une éclipse totale, Soleil entièrement couvert : là, on regarde à l’œil nu. Pour les deux à venir, ce moment n’existe pas : 2027 sera partielle d’ici et 2028 est annulaire. Lunettes du début à la fin.
Où les observer à Alcossebre
La recette est celle de 2026 : un point à l’horizon dégagé, sans montagnes ni immeubles pour masquer un Soleil bas. À Alcossebre la mer est à l’est : pour un Soleil couchant, le rivage n’est pas idéal ; mieux valent les zones un peu élevées et ouvertes vers l’intérieur, les belvédères des environs et la Serra d’Irta, qui offre en prime le panorama.
Vérifiez l’horaire de votre commune à l’IGN avant de choisir —selon la hauteur du Soleil, il faudra regarder à l’est ou à l’ouest— et arrivez en avance : en 2026, la côte était pleine.
Pour vous repérer : le guide des sentiers de la Serra d’Irta et celui des plages et criques.
En attendant
Entre deux éclipses, Alcossebre reste la destination qui a rempli son littoral ce 12 août : plages Pavillon Bleu, criques de la Sierra de Irta et bonne table toute l’année. L’agenda, les plages et la nature du secteur, pour commencer à préparer.
Et ce n’est pas la première éclipse à marquer le calendrier du village : celle de 1905, la fameuse « éclipse espagnole », fut la dernière totale sur la Péninsule avant 2026, et la mairie lui consacre une route guidée, « 121 ans après l’année de l’éclipse ». Cela et d’autres traces, dans l’histoire d’Alcossebre.
La science que nous devons aux éclipses
Les éclipses totales ont servi pendant des siècles de laboratoires naturels irremplaçables. Lors de l’éclipse de 1868, les astronomes Janssen et Lockyer ont repéré dans le spectre de la couronne solaire une raie inconnue : ils venaient de découvrir l’hélium, deuxième élément le plus abondant de l’univers, trouvé sur le Soleil 27 ans avant de l’être sur Terre (d’où son nom, d’après Hélios). En 1919, les expéditions d’Eddington à Príncipe et Sobral ont mesuré pendant la totalité comment la gravité du Soleil déviait la lumière des étoiles : première confirmation expérimentale de la relativité générale d’Einstein, qui en fit une célébrité mondiale du jour au lendemain. Bien plus tôt, on attribue à Thalès de Milet la prédiction de l’éclipse de 585 av. J.-C., qui arrêta une bataille entre Lydiens et Mèdes. Les archives historiques d’éclipses (babyloniennes, chinoises, arabes) servent encore aujourd’hui à mesurer le ralentissement de la rotation terrestre au fil des millénaires.
À quoi sert une éclipse aujourd’hui (au-delà du spectacle) ?
La totalité reste la seule fenêtre naturelle permettant d’observer depuis le sol la couronne interne du Soleil, là où naissent les tempêtes solaires. Les données recueillies durant ces minutes améliorent les modèles de météorologie de l’espace, qui protègent satellites, GPS, aviation et réseaux électriques des éruptions solaires. Pendant l’éclipse, l’ionosphère change brusquement, ce qui permet d’étudier l’effet sur les communications radio et la précision du GPS. Il y a aussi un effet très terre à terre : avec autant de photovoltaïque installé, la chute et la reprise soudaines de production pendant l’éclipse constituent un test grandeur nature pour le réseau électrique, que les opérateurs (en Espagne, Red Eléctrica) planifient à la minute. Et c’est une occasion de science citoyenne : des milliers de personnes relèvent la baisse de température, le comportement des animaux ou photographient la couronne, fournissant de vraies données aux chercheurs.
Questions fréquentes
- Quelle est la prochaine éclipse visible depuis Alcossebre ?
- Le 2 août 2027. D’ici, elle sera partielle : d’après l’IGN, environ 88 % du Soleil couvert dans la province de Castellón. La totalité de cette éclipse traverse l’Andalousie et l’Afrique du Nord.
- Verra-t-on l’anneau de feu à Alcossebre en 2028 ?
- Oui. L’éclipse annulaire du 26 janvier 2028 a sa bande d’annularité qui traverse la Péninsule du sud-ouest au nord-est et entre en Communauté valencienne : l’anneau sera donc visible d’ici.
- Faut-il des lunettes pour une éclipse partielle ou annulaire ?
- Oui, et pendant toute la durée. On ne peut regarder à l’œil nu que pendant la totalité d’une éclipse totale ; en partielle ou en annulaire, il reste toujours du Soleil découvert : lunettes certifiées ISO 12312-2 du début à la fin.
- Comment s’est passée l’éclipse du 12 août 2026 à Alcossebre ?
- Totale et longue : la localité se trouvait très près de la ligne centrale de la bande, avec environ une minute et demie de totalité vers 20h31–20h33 (heure péninsulaire), le Soleil très bas sur l’horizon ouest.
- Où observer une éclipse à Alcossebre ?
- Dans un endroit à l’horizon dégagé, un peu élevé et ouvert vers l’intérieur ; les belvédères des environs et la Serra d’Irta sont de bonnes options. Le rivage n’est pas idéal quand le Soleil est bas à l’ouest, car ici la mer est à l’est.
Données de l’Instituto Geográfico Nacional (IGN). Page réécrite après l’éclipse du 12 août 2026 : elle met désormais en avant les deux suivantes, la partielle à 88 % du 2 août 2027 et l’annulaire du 26 janvier 2028. Les horaires par commune sont publiés par l’IGN.
Contenu vérifié en août 2026.